Présentation

Amis du jour, bonjour

Amis du soir, bonsoir

Bienvenue dans mon jardin secret.

Secret car personne ne me connait ici. Je publie un début de roman ici pour avoir des avis, des critiques, des conseils. Je publie ici car là je ne suis personne. Je ne fais rien lire à mon entourage car j'ai peur d'être jugée, ici aucun risque. Mais je vais tout de même me présenter...

Je m'appelle Camille et j'ai seize ans. J'entre en Première L à la rentrée. Après le bac, je voudrais essayer le concours de Science Po et après, qui sait ? devenir journaliste...

Mon précédent blog : moi-petit-ecrivain

Maintenant je vous laisse découvrir a story about... love
# Posté le mercredi 25 juin 2008 03:37
Modifié le jeudi 03 juillet 2008 11:44

Chapitre un

Morgane sortit de chez elle en claquant la porte. Elle traversa la rue en courant et s'assit contre un grand saule pleureur âgé de plusieurs centaines d'années. Cet arbre qui siégeait dans un lavoir était, depuis qu'elle était enfant, un refuge pour elle. Situé en face de chez elle, elle pouvait y venir quand elle voulait. De plus, ses parents ne s'inquiétaient pas car ils n'avaient qu'à regarder par le fenêtre pour la voir. Il arrivait à Morgane de passer des heures assise ici, seule, écoutant le vent qui faisait frémir les branches de l'arbre. Elle aimait rester les yeux fermés en imaginant d'autres paysages que la petite ville qu'elle ne quittait presque jamais. Elle chérissait les moments où elle pouvait s'évader ainsi tout en étant protégée du soleil par les feuilles du saule.
Mais à cet instant, elle ne pouvait pas voyager à la mer ou à la montagne. Elle était bien chez elle, prisonnière de la haine contre ses parents qui s'était emparée d'elle. Elle se sentait vraiment malheureuse...

Le garçon marcha en direction de l'arbre. Il vit la jeune fille adossée au saule. Ses genoux étaient repliés contre sa poitrine et son visage enfoui dans ses bras. Il ne voyait pas ses yeux mais devinait qu'ils étaient remplis de larmes. Il n'apercevait de sa tête que ses longs cheveux roux qui lui tombaient sur les épaules. Il s'approcha lentement tout en essayant de trouver des mots qui apaiseraient son chagrin mais rien ne vint. Il ne savait pas pourquoi elle pleurait ni même qui elle était. Il était maintenant à un mètre d'elle. Assez près pour entendre les pleurs de la jeune fille ainsi que de légers reniflements. Elle portait un débardeur rose et un pantacourt beige qui laissaient voir sa peau blanche. Sentant la présence de l'adolescent, elle releva la tête. Il put alors admirer ses jolis yeux bleus embués de larmes. Ses joues marquées de tâches de rousseur étaient mouillées à cause de ses pleurs. Elle le regarda d'un air étonné, la bouche ouverte tandis que lui, la fixait, en restant impassible.

Morgane ne connaissait pas ce garçon mais elle eut honte de pleurer en plongeant dans son regard. Ses yeux couleur émeraude ne laissaient paraître aucune émotion. L'adolescent semblait triste et fermé. Ses cheveux mi-longs bruns lui tombaient sur le visage et lui cachaient le front. Il était habillé d'un jean et d'une chemise blanche qui faisait ressortir son bronzage.

« Excuse moi, mais qui es-tu ? demanda Morgane sans vouloir être impolie.
- Ton nouveau voisin, j'habite là. répondit-il en montrant la maison qui touchait celle de Morgane.
- Pourquoi es-tu là ?
- Parce que tu pleures. déclama-t-il sans la moindre expression sur le visage. Je m'appelle Nathan. continua-t-il.
- Ravie de te connaître. déclara-t-elle en riant car elle était étonnée de la façon dont se faisait leur rencontre. Moi c'est Morgane. J'ai seize ans et toi ?
- Pareil. » répondit-il.

Ils remarquèrent tous les deux une fillette qui se tenait debout au milieu de la route. Elle souriait d'un air gêné.
« C'est ma s½ur, je dois rentrer. Salut. cria Nathan en s'éloignant. Arrivé à côté de la petite fille, il la prit par la main. Il poussa la porte de chez lui.
- Attends ! hurla Morgane en se levant. Je n'ai pas compris pourquoi tu es venu me parler alors que je pleurais.
- A ce que je vois, tu ne pleures plus. » déclara-t-il avant de disparaître chez lui.

Morgane sourit en entendant cette réflexion. Elle se demanda s'il était venu lui parler juste pour qu'elle s'arrête de pleurer. Nathan lui paraissait gentil mais mystérieux. Elle n'avait vu aucune émotion sur son visage, pas même lors de sa dernière phrase. Elle voulait le connaître mieux et espérait le revoir le plus vite possible.

Ce soir-là, elle rentra chez elle en ne pensant qu'à Nathan. Elle en oublia même la dispute avec ses parents.
# Posté le mercredi 25 juin 2008 04:09
Modifié le jeudi 26 juin 2008 06:10

Chapitre deux

Nathan restait presque toute la journée dans sa chambre. Il s'allongeait sur son lit et demeurait sans bouger sur le dos, les bras sous sa tête pendant de longues heures. Il songeait à sa vie d'avant et refusait de vivre dans le présent. Il avait été heureux. Il aurait voulu que rien ne change. Mais tout avait changé...

Ce jour-là, il était assis à son bureau. La tête appuyée sur sa main, il avait les yeux grands ouverts. Son souffle était rapide et il sentait une goutte de sueur lui couler sur la tempe. Le bureau était vide, hormis une photo et un objet qu'il ne quittait pas du regard. La photographie représentait une jeune fille et lui. Elle semblait récente car Nathan était semblable à celui qui regardait l'image ; excepté que dessus, il souriait. Il avait un bras autour de l'épaule de la jeune fille et la regardait, les yeux pétillants de bonheur. L'adolescente, elle, regardait l'objectif de l'appareil photo. Elle souriait aussi. Elle avait les cheveux blonds mi-longs et des yeux bleus.
Mais Nathan semblait ne pas voir le cliché. Il n'avait d'yeux que pour un objet noir qui reflétait la lumière du soleil passant par la fenêtre. Le garçon l'avait pris dans le bureau de son père deux jours auparavant. Il se redressa et tendit le bras vers l'objet. Il le toucha timidement puis le prit à pleine main.
D'autres hommes se sentiraient puissants avec un pistolet dans leurs mains. Sentir le pouvoir d'ôter la vie entre ses doigts, de tuer... Mais Nathan ne faisait pas partie de ces personnes. Il se sentit au contraire, ridicule et lâche.
Il glissa son index sur la gâchette, prêt à appuyer. Il leva le bras, et plaça le bout du canon sur sa tempe. Sans bouger, il observa la photo. À ce moment-là, des dizaines de souvenirs lui revinrent en mémoire. Près d'une minute s'écoula sans qu'il ne fasse rien. Il restait la bouche ouverte, le souffle de plus en plus rapide.

Puis il ferma les yeux et avala sa salive. Il allait appuyer lorsque...
« Nathan ! » appela Isaure du rez de chaussée.

L'adolescent ouvrit les yeux et expira lentement. Il abaissa l'arme et la rangea dans son premier tiroir. Puis il se leva et sortit de sa chambre.
Il descendit l'escalier et chercha sa s½ur. Il la trouva dans la chambre de sa mère, assise sur une chaise au chevet de la femme. Elle lui fit un signe de tête pour lui dire de rester et se leva pour sortir.

« Comment te sens-tu ? demanda Nathan avec un sourire. Puis il s'assit sur la chaise.
Isaure avait vu le sourire que son frère avait adressé à sa mère. Elle ne l'avait pas vu depuis longtemps et savait que Nathan faisait beaucoup d'efforts pour l'esquisser. Il voulait paraître heureux devant la femme malade. Mais elle savait qu'il ne l'était pas.

Une semaine auparavant, alors qu'elle dessinait dans sa chambre, son frère était entré et lui avait demandé de s'asseoir sur son lit. Il avait fait de même et s'était placé juste à côté d'elle. Puis il l'avait regardé droit dans les yeux.
« Isaure, j'ai quelque chose d'importants à te dire. avait-il commencé d'une voix douce. Tu sais que maman est très malade. Même si elle est rentrée de l'hôpital. Les médecins l'ont fait revenir à la maison pour qu'elle soit mieux. Ici, elle est chez elle, et avec nous...
- Est-ce que maman va mourir ? » avait demandé la petite fille les yeux embués de larmes.
Nathan n'avait pas su quoi dire. Il avait fixé l'enfant de longues secondes avant de la prendre dans ses bras et lui murmurer à l'oreille « Oui ma puce ». Puis il l'avait serré contre elle en lui caressant les cheveux. Après quelques minutes, il la lâcha et recula.
« Isaure, je sais que cela va être dur mais je veux qu'à chaque fois que tu vas voir maman, tu sois gentille avec elle et que tu lui sourisses. Tu peux faire ça ? l'avait-il interrogé.
Elle avait hoché la tête verticalement pour répondre.
# Posté le jeudi 26 juin 2008 06:08
Modifié le samedi 28 juin 2008 04:13

Chapitre trois

La pièce était simple. Seuls un lit et une chaise meublaient la chambre aux murs blancs. Allongée dans le lit, sous les draps, une femme au teint pâle regardait son fils. Elle souriait mais son visage aussi blanc que les draps témoignait de sa maladie.
« Je vais bien, ne t'inquiète pas. répondit-elle à Nathan d'une petite voix. Isaure m'a dit que tu as fait la connaissance de la voisine qui a ton âge ?
- Oui vaguement.
- Alors comment est-elle ? Elle est jolie ? interrogea la mère avec un grand sourire.
- Maman, tu sais que je n'ai pas vraiment envie de connaître des gens en ce moment. déclara Nathan, gêné.
- Nathan, écoute-moi ! ordonna-t-elle d'une voix qui avait repris toute assurance. Je sais que ce n'est pas facile, mais il faut savoir tourner la page. Tu ne peux pas rester comme cela. Depuis plus d'un mois, tu ne vois personne, tu restes enfermé dans ta chambre ; Isaure m'a dit que tu ne souriais même plus ! Tu ne peux pas vivre ainsi. Passe à autre chose, amuse-toi ! s'exclama-t-elle.
- Je ne veux pas m'amuser ! Pas après ce qu'il s'est passé ! » cria Nathan qui avait laissé la colère l'envahir.

Puis il sortit de la chambre et monta rapidement dans la sienne. Il claqua sa porte et donna un coup de poing dedans. Il se retourna et se laissa ensuite glisser jusqu'à s'asseoir par terre. L'adolescent avait la mâchoire crispée et les poings serrés. Il murmurait sans cesse d'une voix lasse « Je ne peux pas. Je ne peux pas. »
Il pensa à l'arme à feu rangée dans son tiroir, puis à sa mère. « Je ne peux pas lui faire ça maintenant, elle en mourrait. » se dit-il tout bas. Il respira un bon coup et se calma. Puis il ferma les yeux et s'endormit paisiblement, fatigué de sa colère.

Morgane était assise contre le saule pleureur. Les yeux fermés, elle s'imaginait à la plage. Elle voyait les vagues s'échouer une à une sur le sable tandis que le soleil lui brûlait la peau. Puis elle se levait de sa serviette et s'avançait vers la mer. Alors qu'elle avait de l'eau jusqu'à la taille, elle discernait encore ses pieds entourés de petits poissons qui la suivaient sans jamais la toucher.
Quand elle ouvrit les yeux, elle aperçut la fillette qu'elle avait vue avec Nathan. La petite était penchée au bord de l'eau du lavoir. Elle portait une robe bleue ciel qui allait très bien avec ses yeux.
« Si tu te penches trop, tu vas tomber. dit gentiment Morgane. La petite fille se retourna et sourit à l'adolescente, puis elle s'approcha d'elle.
- Bonjour. commença-t-elle. Je m'appelle Isaure et toi ?
- Morgane. Quel âge as-tu ? demanda la jeune fille.
- J'ai huit ans et demi.
- Tu veux t'asseoir avec moi ? invita Morgane tandis que Isaure s'installait.
- Qu'est ce que tu faisais ? Tu dormais ? interrogea-t-elle.
- Non, je voyageais. déclara Morgane, puis elle continua sous le regard interrogateur de la petite. J'étais à la plage. Je n'y suis jamais allée, alors j'essaie d'imaginer, le sable, l'eau, les coquillages et les poissons.
- Tu sais, j'y habitais avant. Je n'avais qu'une rue à traverser et j'avais les pieds dans le sable. raconta Isaure en riant.
- Ah bon ? Pourquoi vous avez déménagé ? demanda Morgane étonnée. J'aurais tant aimé vivre à côté de la mer moi.
- Je ne peux pas trop t'en parler mais c'est surtout pour Nathan qu'on est venu ici. Il déteste la mer maintenant. dit la fillette en baissant les yeux.
- D'accord. Tu rentres en quelle classe à la rentrée ? interrogea Morgane qui devina qu'Isaure préférait changer de sujet.
- En CE2 ! s'exclama la petite fille, retrouvant son sourire. Je vais à l'école à coté du collège. Je ne connais personne mais j'espère que je vais vite me faire des amis !
- Sûrement. »

Un homme venait de sortir de la maison voisine de celle de Morgane. Il était grand et avait les mêmes yeux que la petite fille. L'adolescente en conclut qu'il était son père.
« Isaure viens, on va manger. appela-t-il.
- J'arrive Papa. Bon alors à plus tard. Salut. fit Isaure en se levant.
- Au revoir. » répondit Morgane avec un sourire.

Quand Isaure arriva aux côtés de son père, il lui caressa les cheveux et entra avec elle chez lui. Morgane resta seule, jusqu'à ce que sa mère l'appelle à son tour pour dîner. La petite fille ne ressemblait pas du tout à Nathan. Elle souriait et semblait heureuse à côté de son frère.
# Posté le samedi 28 juin 2008 06:39

Chapitre quatre

Le lendemain matin, alors que Morgane sortait de chez elle pour aller acheter du pain, elle vit Nathan. Le garçon était vêtu d'un pantacourt marron et d'un polo blanc. Il venait juste de refermer sa porte.
« Salut. interpella la jeune fille.
- Oh, bonjour. répondit simplement Nathan.
- Où vas-tu ? demanda-t-elle, curieuse.
- À la boulangerie.
- Moi aussi, on peut y aller ensemble ? proposa Morgane.
- Si tu veux. » Répondit Nathan, presqu'à contre c½ur.

Les deux adolescents marchèrent donc en direction de la boulangerie la plus proche qui se situait à environ un kilomètre de chez eux. Morgane espérait que son voisin entamerait la conversation mais il ne le fit pas. Comme la première fois qu'elle l'avait vu, il restait le visage impassible et semblait avoir l'esprit ailleurs.
« Isaure m'a dit que vous habitiez à la mer. entama-t-elle.
- Oui, c'est vrai.
- Pourquoi avez-vous déménagé ? interrogea l'adolescente. Mais à peine eut-elle finie sa phrase qu'il s'arrêta de marcher et la regarda. Elle se tourna vers lui et attendit sa réponse.
- Ecoute, je n'ai pas envie de parler de ça. Je sais que tu as déjà demandé à Isaure, j'avais ma fenêtre ouverte et j'ai entendu toute votre conversation. Tu n'en sauras pas plus avec moi. déclara-t-il d'un ton calme mais sec.
- Pardon, je ne voulais pas te gêner. C'était... c'était juste une question comme une autre. s'excusa Morgane étonnée de l'agressivité de Nathan. Ce dernier souffla et se passa une main dans les cheveux. Il se mordit la lèvre pour atténuer sa colère.
- Excuse-moi, c'est moi qui suis désolé. Je n'aurais pas du réagir comme cela. Désolé. Je suis un peu sur les nerfs en ce moment. déclama-t-il d'un ton las.
- Pourquoi ? demanda Morgane dont l'humeur si joyeuse avait disparue.
C'est alors qu'elle aperçut pour la première fois, un sourire sur le visage de Nathan et remarqua une petite fossette sur le côté droit de sa bouche. Mais il disparut aussitôt.
- Encore une question ! plaisanta-t-il. Tu es vraiment curieuse !
- Pardon. s'excusa à nouveau Morgane en rougissant et en baissant la tête.
- Ce n'est rien. Continuons de marcher. Il faut quand même que j'aille acheter une baguette.
- Oui, moi aussi.
- Je... je suis énervé en ce moment parce que ma mère est... très malade. Elle a... une tumeur au cerveau. réussit à articuler l'adolescent.
Cette fois, c'est Morgane qui s'arrêta net. Elle regarda Nathan qui, même s'il avait eut du mal à dire ces mots, ne montrait aucune émotion sur son visage.
- Je... je suis désolée.
- Les médecins l'ont renvoyée à la maison, pour qu'elle finisse sa vie chez elle, dans sa famille. Il ne lui reste qu'une semaine au mieux. termina le garçon.
- Désolé, si j'avais su que c'était ça, je n'aurais pas demandé. déclara Morgane.
- Ce n'est rien, tu ne pouvais pas savoir. Et je pense que ça m'a fait du bien d'en parler un petit peu. Je n'en parle jamais. Allez viens. »

Ils allèrent à la boulangerie et revinrent sans dire un mot. Mais Morgane savait que le dialogue serait à présent plus facile à engager. Elle se demandait si Nathan était aussi fermé à cause de l'état dans lequel était sa mère mais elle pensait qu'il devait y avoir autre chose. Quelque chose avait l'air de le tourmenter ; peut-être était-ce quelque chose en rapport avec leur déménagement... En tout cas, il n'avait montré aucune tristesse en parlant de sa mère bien qu'il paraissait être profondément affecté par sa maladie.
# Posté le mardi 01 juillet 2008 11:17
Modifié le jeudi 03 juillet 2008 11:06